SAARGALE: ouverture du nouveau concept store 100% Made In Africa de Adama Paris

Adama Paris, de son vrai nom Adama Ndiaye, créatrice de mode et fondatrice de la Dakar Fashion Week et la Black Fashion Week, a voulu rendre hommage à l’Afrique. Son nouveau concept store, SAARGALE, vient d’ouvrir.
En effet SAARGALE vend du 100% Made In Africa comme nous le dit Adama dans son message sur sa page Facebook: « Contente de vous annoncer l’ouverture de mon nouveau bébé @saargale ma nouvelle boutique concept store à Paris  nous faisons du fabriqué en Africa et par les africains Made in Africa & Made by Africa. Déjà en boutique 18 artisans et créateurs africains. Nous vous recevrons dans un bel espace de 135 m2 avec 2 niveaux au 47 avenue Daumesnil 75012 Paris métro gare de Lyon #saargale« 

La boutique a été inaugurée le 11 Mai dernier et commercialise des vêtements, des chaussures, des accessoires, mais aussi des livres et du mobilier de créateurs.

The Masterclass by Next Step Abidjan

The Masterclass by Next Step Abidjan, comme indiqué sur la page Facebook, est une plate-forme de formation et de partage d’expériences sur de multiples secteurs, entre les professionnels et le grand public.
Ces rencontres mensuelles sont l’occasion pour les participants d’enrichir leurs connaissances, grâce à la qualité des interventions des experts et sommités invités. La Masterclass à venir sera axée sur le milieu de la mode.
Liste des intervenants le 22 Juin prochain:

Stanislas Zézé: PDG de Bloomfield Investment Corporation
Patrick Epée: Manager Global Brand, à MTN Group Management
Valérie Ayéna: Mannequin et reine de beauté camerounaise

Chaque intervention se fera autour d’un thème prédéfini.

Beau programme n’est-ce pas ?
Pour vous inscrire, cliquez ICI

Les Masterclass se tiendront au Sofitel Hôtel Ivoire à partir de 8h

 

La mode africaine en puissance sur Pinterest

Je continue ma lecture des revues de fin d’année ! Cette fois-ci, un élément qui a attiré mon attention chez Pinterest. Le site de curation (sur lequel je passe BEAUCOUP de temps ces dernières semaines) a révélé les tendances d’utilisation sur sa plateforme pour 2019 et surprise…  les « imprimés africains » ont connu une croissance de +229% dans les recherches des utilisateurs (il y en a 250 millions) !
D’après Pinterest: « Des dashikis aux robes de cocktail, le pagne wax et le kitenge africains font fureur sur tous les continents (+229 % pour la recherche mode des imprimés africains) |« .
En somme, Pinterest a remplacé les bons vieux catalogues que nos mères/tantes consultaient pour trouver des idées de modèles à faire reproduire chez les couturiers. Comme le disait cet article de CNN datant de l’an dernier (et à lire en cliquant ici), le vrai facteur de révolution dans la mode africaine (en absence d’infrastructures adéquates), c’est internet.
Pour consulter l’intégralité du Top 100 des tendances 2019 de Pinterest, cliquez juste ici.

Selly Raby Kane: la créatrice sénégalaise collabore avec le géant IKEA

Devenue en quelques années le visage de la nouvelle scène Mode du Sénégal, Selly Raby Kane est une des créatrices les plus en vogue (et les plus internationales) d’Afrique francophone. En 2019, elle présentera sa collection conçue en collaboration avec le géant suédois IKEA, une grande première et une fierté ! Si vous souhaitez en savoir plus sur elle, je recommande (à ceux qui sont à l’aise avec l’anglais) de lire ce papier de la journaliste Jennifer O’Mahony qui lui est consacré dans 1843, le supplément Lifestyle du magazine The Economist.
Article à lire ici: Senegal Style.

Les stylistes africains qui ont habillé les plus grandes stars internationales

En français, « Designer » et « Styliste » ont souvent la même signification dans l’esprit de la plupart des gens. Or, ce sont parfois deux métiers complémentaires certes, mais très différents. Les premiers sont des créateurs dont le métier et de concevoir des vêtements lorsque les deuxièmes ont pour principale mission d’habiller des personnalités ou des mannequins pour différentes occasions (événements, pochettes d’album, publicités etc). Ce métier est encore très peu développé en Afrique francophone et c’est un vrai problème, notamment pour les professionnels de communication, mais j’aurais l’occasion de revenir sur ce sujet. En attendant, le site The Culture Trip a fait une petite liste de « Wardrobe Stylist » (la véritable appellation en anglais) d’origine africaine qui ont habillé les plus grandes stars internationales. À découvrir ici.

Industrie Africa, « Le Wikipedia de la mode africaine »

Lancé le 1er juin dernier, Industrie Africa est déjà surnommé « Le Wikipedia de la mode africaine ». Créé par Georgia Bobley et Ninsha Kabanar, ce site se présente comme un showroom digital dans lequel on retrouve exclusivement des marques de prêt-à-porter africaines, et elles sont déjà plus de 80 de 24 pays différents à être répertoriées. Elles sont également classées par nationalité et types de produits. Sur les fiches des designers, on peut y lire une biographie, les articles de presse et même leurs points de vente.
Ce projet m’a fait sourire parce que c’est ce que nous avions commencé chez Fashizblack en 2012 avec le « FashizPedia« , qui devait être l’encyclopédie de la mode africaine. Comme quoi, rien ne se perd, tout se transforme..

Pour consulter Industrie Africa, cliquez ici.

Les vêtements Yale Woody sur ASOS !

Le styliste ivoirien Félix Griza Yalé est à féliciter et pour cause. Créateur de la ligne de vêtements pour hommes YALE WOODY (créée en 2015), il aurait conclu un deal avec ASOS. Ce sont près de 800 pièces qu’il devra livrer au géant britannique de la mode en ligne, ce qui est plutôt considérable pour une jeune marque basée sur le continent africain. Mais c’est également un formidable tremplin à l’international, en plus de pérenniser son activité. Je suis bien sûr ravie pour lui, surtout que ce genre de contrats est encore particulièrement rare en Afrique francophone, où beaucoup de nos créateurs sont confinés (ou se confinent eux mêmes) à une distribution à petite échelle, ce qui ne leur permet pas de grandir. Je vais suivre de très près l’arrivée des vêtements Yale Woody sur ASOS et je vous ferai parvenir les liens une fois qu’ils seront mis en ligne (aucune date n’a été communiquée pour le moment).

Metropolitan World Contest: un concours pour dénicher de nouveaux talents dans la mode

Une des plus grandes agences de mannequin au monde s’apprête à lancer son concours en Afrique subsaharienne. En effet, METROPOLITAN – agence qui a notamment géré les carrières de Claudia Schiffer ou encore du top français Cindy Bruna (avec qui j’ai eu la chance de collaborer pour le magazine FASHIZBLACK) – présente « Metropolitan World Contest« . Basé sur le même concept qu’ELITE MODEL LOOK, concours d’une agence concurrente (dont j’ai été membre du jury pour la finale africaine), le « Metropolitan World Contest » permettra de révéler de nouveaux talents ou dans le jargon de la mode, des « new face ».

La finale Afrique aura lieu le 26 octobre 2018 au Sofitel Ivoire d’Abidjan, mais d’ici là, des castings auront lieu au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Congo-Brazza et en République Démocratique du Congo. Le site web du concours n’est pas en ligne (c’est un peu curieux venant d’une aussi grande agence), mais vous pouvez vous renseigner sur le compte Instagram dédié. Bonne chance à toutes celles et ceux qui tenteront leur chance.

Naomi Campbell: « VOGUE devrait lancer une édition africaine »

Au Nigeria depuis quelques jours, Naomi Campbell est très sollicitée et semble apprécier son séjour à Lagos. Elle a notamment défilé pour la célèbre créatrice nigériane Lanre Dasilva Ajayi, lors de l’Arise Fashion Week qui a eu lieu du 31 mars au 02 avril. Nouvelle porte-parole de la mode africaine donc, Naomi n’a pas hésité à dire publiquement que le magazine VOGUE devrait lancer une édition africaine. Ce n’est pas la première fois que le sujet d’un « Vogue Africa«  est évoqué… et j’ose penser que mon avis sur le sujet est plutôt connu, donc je ne vais pas me répéter. Mais quand bien même, vous souhaiteriez un peu plus de contexte sur les arguments de Naomi Campbell, vous pouvez cliquer ici:

Hermès s’inspire du Cameroun

La marque de luxe française Hermès a dévoilé de nouveaux foulards en soie inspirés par des tissus traditionnels camerounais.
Comme indiqué sur le site de la marque:
« La Fondation camerounaise Jean-Félicien Gacha possède un important fonds de tissus Ndop dont la richesse ornementale a inspiré ce carré aux Anamorphée.Les tissus Ndop des Bamiléké, habitants de la savane camerounaise, en Afrique centrale, sont faits de coton tissé en bandes étroites. Si cette première étape est réalisée dans le nord du pays, non loin de Garoua, ce sont ensuite les femmes Bamiléké qui appliquent à l’aide de fil de raphia les motifs qui seront teints en réserve à l’indigo. Le répertoire décoratif très varié s’inspire à la fois de motifs ornant les habitations traditionnelles et des dessins des Wukari du Nigeria, pays dont cette tradition textile est vraisemblablement originaire. Le Cameroun se caractérise par le choix de motifs abstraits, le Nigeria par une figuration prenant pour modèles humains, lézards, léopards… Ces étoffes sont utilisées pour différents rituels.”

Avec tous les débats qu’il y a autour de l’appropriation culturelle, je trouve ça respectable qu’Hermès ait eu la décence de préciser l’origine de ces dessins. Ceci dit, est-ce que des fonds ont été versés par la marque pour l’exploitation de ce tissu traditionnel ? Si oui, à qui ? Je n’ai pas pu trouver l’information.
En attendant, commercialisés à 360€ l’unité, ces foulards sont disponibles sur le site HERMÈSet probablement en boutique également.

Une interdiction d’importation de fripes ?

Le légendaire adage selon lequel il n’y aurait pas d’amitiés entre les pays mais uniquement des intérêts, se confirme une fois de plus. Plusieurs états d’Afrique de l’Est sont dans un bras de fer avec les États-Unis concernant l’interdiction d’importation de fripes/vêtements de seconde main. D’une part, les gouvernements rwandais, tanzaniens et ougandais souhaitent interdire ces importations dès 2019, afin de booster leurs industries textiles respectives. D’autre part, les US rappellent que l’import des fripes en question rentre dans le cadre d’un accord (l’AGOA) qui permet également aux pays d’Afrique de l’Est de pouvoir exporter aux US sans paiement de frais de douane. Cet argument à lui seul a suffit d’ailleurs à faire reculer le Kenya, puisque les États-Unis sont le 3ème marché d’exportation du pays. Vous pouvez lire deux articles un peu plus détaillé sur cette affaire en français ou en anglais.

Mon commentaire:
Dans ce type de situations, il est important de garder la tête froide. Bien sûr, c’est un peu choquant que les US donnent des « ultimatums » à des pays africains, on peut y avoir un arrière-goût de néo-colonialisme, sauf qu’il s’agit simplement de business… et les rapports de force sont un passage quasi obligé. Ensuite, il faut bien reconnaître que l’interdiction des fripes est certes une aubaine pour l’industrie textile locale mais… est-ce que celle-ci est prête à prendre le relais ? Quelles sont les mesures mises en place pour que les fabricants locaux puissent répondre à la demande, surtout à des prix aussi bas/compétitifs que ceux de la fripe ? Quelles sont les mesures mises en place pour contrecarrer l’éventuel marché noir qui va irrémédiablement se mettre en place ? Le Rwanda et l’Éthiopie sont en train de se positionner sur le textile depuis quelques années, notamment en créant des zones franches à des conditions avantageuses pour les fabricants étrangers, sans oublier les formations afin d’avoir des personnels qualifiés. Mais est-ce qu’ils ont déjà atteint la masse critique suffisante pour répondre aux besoins de toutes leurs populations respectives ? Je suis assez sceptique. Que doit-on faire ? À mon humble avis, une transition est préférable.
Étant donné le faible pouvoir d’achat mais aussi, de la croissance d’une classe moyenne qui peut se permettre de dépenser un peu plus en habillement, il faudrait sur une période de 5 à 10 ans, commencer à réduire les importations progressivement tout en appuyant l’essor d’un ou plusieurs fabricants locaux. La « conversion » se fera plus facilement ensuite. Je crains qu’une coupure nette et simple sans plan très solide ne crée un vide dans le marché… Et on le sait, la nature ayant horreur du vide, cela va créer des marchés parallèles et encore plus informels.

Dans tous les cas, je surveille cette affaire de très près car si d’autres pays d’Afrique subsaharienne ont annoncé également vouloir en finir avec les fripes, seule la zone Afrique de l’Est semble la plus déterminée à en faire une réalité.